Travaux supplémentaires : faire signer l'avenant avant de commencer
Presque aucun chantier ne se déroule exactement comme il a été chiffré. On ouvre une cloison et la canalisation est hors d'usage, le client veut finalement une prise de plus, le support doit d'abord être ragréé. Les travaux supplémentaires ne sont pas l'exception : c'est le quotidien. Ce qui coûte cher, ce n'est pas le travail en lui-même, c'est le moment où il est acté.
Le forfait change tout
Beaucoup d'artisans travaillent sur un devis accepté à prix forfaitaire. Dans ce cadre, l'article 1793 du Code civil est régulièrement invoqué : pour un marché à forfait portant sur un bâtiment, une augmentation de prix liée à des changements ou augmentations de travaux suppose un écrit et un accord du maître d'ouvrage. Autrement dit, la facture ne suffit pas : il faut l'accord, et il faut qu'il soit écrit.
Ceci est une information générale et non un conseil juridique. La traduction pratique, elle, ne varie pas : l'avenant se signe avant que la vis ne soit posée, pas après.
Ce qui doit figurer sur l'avenant
Un avenant n'a pas besoin d'être long, il doit être précis. Reprenez la même logique que le devis initial, sinon la comparaison entre les deux devient impossible :
- La référence du devis initial et du chantier concerné
- La description des travaux ajoutés, en langage clair
- Ce qui est retiré, le cas échéant — cela joue en votre faveur
- Les heures, les fournitures et le montant, HT et TTC
- L'incidence sur le délai : une semaine de plus, c'est une information contractuelle
- La date, et la signature du client avec la mention manuscrite habituelle
Une photo de la situation rencontrée vaut de longues explications. Une canalisation hors d'usage en image, et la discussion sur quatre cents euros s'arrête d'elle-même.
Chiffrer, et montrer comment on a chiffré
Un montant qui tombe du ciel invite à négocier. Un montant construit à partir des heures multipliées par le taux horaire, des fournitures au prix d'achat majoré et, s'il y a lieu, du déplacement, ne s'y prête pas. Le client ne discute pas votre taux horaire s'il voit ce qu'il paie.
Le point où l'argent se perd
L'avenant est signé, puis il n'arrive pas sur la facture. Cela arrive dès que les travaux supplémentaires vivent dans un dossier séparé, à côté des heures et des fournitures. Rattachez chaque ligne au chantier : au moment de facturer, elles sont déjà là, et vous voyez d'un coup d'œil l'écart entre le devis et le réalisé.
La moitié se joue au devis initial
Beaucoup de discussions se règlent avant même de commencer. Indiquez ce qui n'est pas compris dans le prix. Prévoyez les postes incertains avec un montant provisoire et la mention que le décompte se fera au réel. Et écrivez noir sur blanc que toute modification fera l'objet d'un avenant signé. Si ces phrases figurent d'office dans chaque devis, cela ne dépend plus de qui l'a rédigé ce jour-là.
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